deux heures cinquante trois

C’est un soir à frapper du poing dans le mur. Un soir à pleurer et crier, si on y arrive, mais on y arrive plus. Un soir de trop plein, de ras le bol – le mot est trop beau – de fatigue, de ce truc qui s’assied sur ta poitrine et refuse d’en décoller. C’est un soir où on étouffe, de la fumée de clope, parce que personne n’en a rien à foutre que toi tu fumes pas et que ça te dérange de puer la fumée dégueulasse en rentrant, l’air pur est à tout le monde. Un soir vidé d’énergie, où l’odeur de l’autre a perdu son pouvoir apaisant dans l’alcool et la cigarette.

Ouvrir la petite bouteille. Avaler un cachet rose. Même pas besoin d’eau. Pour alléger la peine.

Mauvais mélanges

La nuit les deux chats sont gris, noir, c’est selon. Sur le balcon le bruit de l’air, je voudrais être seule et j’apprécie ce calme – la vie, ces bêtes à poil qui ne demandent qu’à manger et dormir, ronronnent infiniement. La nuit, ma mère m’accroche dans un mail parce que j’ai pas répondu à ses appels skype. La nuit, le monde s’inverse. Le jour là-bas, l’insomnie ici. Demain se dessine difficile après la nuit blanche. Je voudrais oublier ce qui a de l’importance. Je voudrais oublier ce qui me retient ici.

Après tout – nous ne savons plus qui nous sommes.

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