dix sept heures douze

Lentement je retrouve le mojo qui m’animait jadis, lentement l’énergie du désir qui me dévore, lentement je (m’)(t’)immole par l’envie qui (nous) brûle, et s’éparpille. 

J’ai envie d’elle, et de lui, de nous ensemble, de sexe(s) gonflé sous ma langue, sous la pression décisive de mes doigts, la cambrure de l’excitation pour rappeller les nuits fauves, nos corps endormis depuis bien trop longtemps. J’ai envie de liens, de morsures, de mains qui claquent sur la peau lisse, rouge soudain, abandon. J’ai envie qu’il me prenne comme avant, brutal et aimant, les mots qui glissent à mon oreille aussi doux que son sexe bandé entre mes cuisses.

Elle. Nos langues. Son regard affamé. Sa bouche. Son cul qu’elle aime tant cambrer. La chaleur de son ventre. Le parfum de sa nuque. Le chuchotis de nos plaisirs.

Mes fantasmes prennent les visages de ces amants mélangés, et le dessin complexe de leurs corps emmêlés – d’après photo, de celles soigneusement gravées dans ma mémoire. Le souvenir est si pur de nos tendresses, de l’amour triangulaire qui ne s’ignore plus vraiment, de l’attraction de nos mains. Entre nous deux je l’observe appeller mon nom. Entre nous deux je le regarde jouir. Ils sont beaux, mes amours réguliers, beaux comme l’orgasme qui nous absorbera tous l’un après l’autre, comme le sommeil qui tombera sur nos corps nus, comme l’érotisme violent émanant de cette nuit.

Minuit trente deux, ou peut être plus, on éteint.

 

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